Vous avez peur de tomber sur un charlatan ? Vous avez raison de vous méfier. En France, la voyance est libre depuis 1994 : aucune loi ne lui est propre et aucun diplôme officiel n'existe. N'importe qui peut donc ouvrir un cabinet. Un voyant sérieux ne se reconnaît pas à un titre, mais à sa façon de travailler : un prix annoncé avant l'appel, aucune promesse garantie, aucune pression pour payer davantage.
On ne va pas se mentir : personne ne peut vous prouver, avant l'appel, qu'un voyant verra juste. En revanche, vous pouvez vérifier qu'il vous respecte. Et c'est exactement ce qui vous protège des arnaques.
Un voyant sérieux…
- annonce son prix avant de commencer, à la minute ou au forfait ;
- vous laisse raccrocher quand vous voulez, sans frais cachés ;
- parle de tendances et de choix possibles, pas de certitudes ;
- sait dire « là, voyez plutôt un médecin » (ou un avocat, ou votre banque).
Méfiez-vous si on…
- vous contacte sans que vous ayez rien demandé : répondeur, Facebook, TikTok ;
- vous garantit un résultat, comme le retour de l'être aimé ;
- vous annonce un malheur, puis vous vend le rituel pour l'éviter ;
- réclame un paiement en coupons, par virement ou en cryptomonnaie.
Pourquoi n'importe qui peut se dire voyant
Longtemps, la voyance a été punie. L'ancien Code pénal sanctionnait d'une amende « les gens qui font métier de deviner et pronostiquer, ou d'expliquer les songes » (ancien article R.34, sur Légifrance). Cet article a disparu le 1er mars 1994, avec le nouveau Code pénal. Depuis, l'activité est libre.
En 2023, un député a interrogé le gouvernement sur un contrôle propre à la voyance. La réponse est nette : c'est une activité légale, soumise au Code de la consommation et au Code pénal comme n'importe quel commerce, mais aucune règle ne lui est spécifique (question écrite n° 6608, Assemblée nationale). La DGCCRF, le service des fraudes, contrôle les pratiques commerciales trompeuses. Pour une escroquerie, on peut saisir le procureur de la République.
Le sujet n'a rien de marginal : un Français sur quatre dit avoir déjà consulté un voyant, selon une étude Ifop de décembre 2020 citée dans cette même question. Résultat, un marché immense et aucun titre officiel. Les mentions « voyant certifié » ou « diplômé » viennent d'écoles ou d'organismes privés. Elles ne disent rien de la personne au bout du fil.
Voyance par téléphone sérieuse : avant, pendant et après l'appel
Comment savoir si un voyant est sérieux au téléphone ? Regardez ce qui se passe à chaque étape, du prix affiché jusqu'au paiement.
| Étape | Un voyant sérieux | Un signal d'alerte |
|---|---|---|
| Avant l'appel | Le prix est affiché : à la minute ou au forfait, minutes offertes comprises | Aucun tarif, ou un « gratuit » sans aucune précision |
| Au début de l'appel | Le prix appliqué est celui qui était annoncé | Le « gratuit » devient payant avant même de parler au voyant |
| Pendant la consultation | Il nuance, parle de tendances et vous laisse poser vos questions | Il annonce un malheur ou promet un résultat garanti |
| À la fin | Vous raccrochez quand vous voulez | On vous retient, ou on vous vend un rituel |
| Après l'appel | Aucune relance que vous n'avez pas acceptée | Des messages « urgents » sur votre répondeur ou vos réseaux sociaux |
| Le paiement | Carte bancaire, ou facture de téléphone en audiotel | Coupons prépayés, virement, cryptomonnaie |
Le prix, votre premier test de sérieux
Passons au concret. Un voyant sérieux vous dit combien ça coûte avant que vous ne parliez de vous. À la minute, au forfait, avec quelques minutes offertes pour essayer : toutes ces formules sont honnêtes, à condition d'être annoncées. En audiotel, d'ailleurs, un message gratuit doit vous donner le tarif au début de l'appel (on l'explique sur notre page voyance sans CB).
Le piège, c'est le prix qui arrive trop tard. En janvier 2025, RMC Conso a enquêté sur un cabinet qui promettait une consultation gratuite. Au bout du fil, on leur a réclamé 100 € pour une heure, à régler avant même de parler au voyant. Les autres signaux à surveiller :
- aucun tarif sur le site, ni au début de l'appel ;
- une offre « gratuite » qui cache un abonnement ou un numéro surtaxé.
Chez nous, le prix tient en une ligne : 10 minutes offertes, puis 3 € la minute, sans abonnement. Pour comparer avec le reste du marché, voyez notre page prix d'une voyance par téléphone, et pour les minutes offertes, voyance gratuite par téléphone.
Les avis sur un voyant : utiles, à condition de savoir les lire
Les avis sont souvent le premier réflexe. Ils aident, mais ils peuvent aussi se fabriquer. La loi encadre donc les sites qui en publient : ils doivent expliquer comment les avis sont publiés et traités, et afficher la date de chacun (article L111-7-2 du Code de la consommation). Quelques repères pour les lire :
- un avis utile raconte une consultation précise, avec une date ;
- quelques avis mitigés rassurent plus qu'un mur de 5 étoiles, car aucun voyant ne plaît à tout le monde ;
- une note seule, sans commentaire, ne vous apprend presque rien ;
- sur Trustpilot, la mention « vérifié » confirme qu'un échange avec l'entreprise a eu lieu, pas que l'avis dit vrai.
Les arnaques à la voyance les plus courantes
Reste la question qui fâche. Les arnaques à la voyance suivent presque toujours le même scénario : créer l'urgence, puis faire payer pour la calmer. Voici celles qui reviennent le plus.
Le message urgent sur votre répondeur
C'est l'arnaque décrite par RMC Conso : un message vocal vous annonce qu'« il y a une personne de votre entourage qui vous cache quelque chose » et vous invite à rappeler vite. Le numéro est parfois gratuit, parfois un 089 facturé 0,80 € la minute. Un voyant sérieux n'appelle pas les gens pour leur annoncer un danger. Ne rappelez pas.
Le voyant des réseaux sociaux
Même schéma sur les réseaux sociaux. Selon la même enquête, les pseudo-médiums se multiplient sur TikTok et Instagram, et les arnaques y sont nombreuses. Un compte qui vous écrit en privé pour vous offrir un tirage ou vous prévenir d'un « blocage » n'a rien d'un voyant sérieux. Bloquez-le et signalez-le au réseau social.
Le malheur à conjurer
On vous annonce un envoûtement ou une malchance tenace, puis on vous vend le rituel qui va tout régler. Et un deuxième, quand le premier « n'a pas suffi ». Une victime interrogée par RMC Conso résume le mécanisme : ils « utilisent la peur et l'espoir pour créer une dépendance ». La Miviludes, la mission de l'État contre les dérives sectaires, alerte aussi sur les discours de médiumnité qui peuvent couper une personne fragile de ses proches.
Le paiement qui ne laisse aucun recours
Coupons prépayés, virement, cryptomonnaie : une fois l'argent parti, il est presque impossible de le récupérer. La carte bancaire, elle, laisse une trace, et un débit que vous n'avez pas autorisé se conteste auprès de votre banque. Surveillez vos relevés : Sandra, interrogée par RMC, a appris par sa banque un débit de 500 € qu'elle n'avait jamais autorisé.
Vous pensez vous être fait avoir : que faire ?
D'abord, pas de honte. RMC Conso le rappelle : beaucoup de victimes n'osent pas porter plainte, alors que leurs signalements permettent de lancer des enquêtes. Voici les bons réflexes, dans l'ordre.
Ne rappelez plus et ne répondez plus aux messages, même « urgents ». Bloquez le numéro ou le compte.
Si vous avez donné votre numéro de carte, faites opposition tout de suite. Un paiement frauduleux se conteste auprès de la banque, mais pas au-delà de 13 mois (service-public.fr).
Si c'est une entreprise, signalez-la sur SignalConso, le site de la DGCCRF. Pour un conseil, Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, un appel gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30.
En ligne avec THESEE si l'arnaque est passée par internet. Sinon, au commissariat, à la gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République.
Et si c'est un proche qui semble sous l'emprise d'un voyant, la Miviludes peut vous informer et vous orienter.